Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 10:12

 

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Chansons françaises à la voix passive :

 

Julien Clerc : Femmes, vous êtes aimées par moi

Michel Sardou : Vous avez été bien eus par moi

Johnny Hallyday : Ton nom sera oublié par moi

Claude François : C'est comme ça que l'on a été aimés l'un par l'autre

Salvatore Adamo : C'est permis par vous, Monsieur 

 

 

 

 

 

 

Inspiré par :

http://www.mcsweeneys.net/links/lists/28rodovich.html 

Par ronald oranger
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Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 10:16

 

 

 

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Le Ministère de l'Enseignement obligatoire a annoncé le rappel de 4 722 678 anciens élèves à partir du 1er septembre 2011, à cause d'une défaillance dans la conception du système scolaire,  a annoncé l'agence Belga.

 

Le défaut de conception risque de provoquer des problèmes d'apprentissage ultérieurs et des problèmes d'insertion socio-professionnelle, avertit le communiqué.

 

Le Ministère a promis la prise en charge gratuite de tous les frais liés à la nouvelle période de scolarité obligatoire imposée à ces infortunés. 

 

 

 

 

 

 

Par ronald oranger
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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 10:40

 

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Regardez cette brève vidéo :

 

http://www.youtube.com/watch?v=F7qtXYutzL4

 

On y voit Dieudonné Kabongo dans le tram.

 

Il est assis, seul.

 

Il affiche l'air absent de la plupart des usagers des transports en commun.

 

Peut-être se trouve-t-il dans le tram 92 (observez le paysage qui défile, le Parc de Bruxelles, la rue Royale ?).

 

On entend sa voix, proche et désincarnée comme une rêverie.

 

Il se parle à lui-même.

 

Il parle de la solitude et dit :

 

"Il y a plein  de gens autour de toi mais il n'y a personne qui te voit.

Il y en a qui te regardent à la sauvette - on appelle ça des regards en coin.

Ils te regardent mais ils ne te voient pas."

 

Mais, Dieudonné, l'absence de contacts entre les autres passagers et toi n'a rien à voir avec la solitude.

 

Nous ne pouvons pas communiquer avec tous les êtres humais d 'égale manière.

 

Notre cerveau est conditionné, par des millions d'années d'évolution, à gérer des relations personnelles avec une centaine d'individus seulement, le nombre moyen des membres des tribus de nos ancêtres.

 

Nous annulons les autres individus, nous les rendons transparents, nous ne recherchons pas le contact avec eux.

 

C'est naturel.

 

Nous ne pourrions pas vivre autrement. Si nous devions saluer tous les individus que nous croisons et nous épancher auprès d'eux, les mettre, comme on dit aujourd'hui, dans nos contacts, la dépense d'énergie psychique serait insupportable.

 

Tu serais seul, Dieudonné, si ton agenda (pardon : ta liste de contacts) comptait nettement moins de cent adresses.

 

Mais ce n'est pas le cas.

 

  

 

Par ronald oranger
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Jeudi 4 novembre 2010 4 04 /11 /Nov /2010 10:08

 

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Quelqu'un dira le rôle occulte jouée par la cigarette pendant des décennies d'histoire du cinéma.

 

Prenons un exemple.

 

La séquence de Pierrot le Fou que je vous propose semble mettre en scène deux personnages : Belmondo et Anna Karina.

 

http://www.youtube.com/watch?v=-G16eZ8Ggfg

 

Erreur : il y a une troisième comparse, et elle se trouve dans la bouche de Belmondo.

 

C'est sa cigarette.

 

Visionnez la video, je vous prie, à partir de 2 min 28.

 

La cigarette se trouve à ce moment-là dans le coin droit de la bouche de Belmondo. Il la serre entre ses deux lèvres fermées.

 

A 2 min 33, il ouvre la bouche, tourne la tête vers la gauche : la cigarette reste collée à sa lèvre supérieure.

 

A 2 min 35, il a redressé la tête et ouvre sa bouche en rond comme s'il se préparait à parler : la cigarette est alors dans la commissure droite, et on distingue son ombre dans la bouche de Belmondo.

 

A 2 min 39, Belmondo ouvre à nouveau la bouche, et on voit distinctement que la cigarette reste collée quelque part sur sa gencive supérieure ou sur une dent.

 

On ne voit plus sa compagne depuis longtemps. A l'écran, en gros-plan, se joue une forme particuloière de duo comique, de spectacle de mime : le dialogue muet entre Belmondo et sa cigarette. 

 

Les lumières des phares des autres voitures voyagent, colorées, sur la pare-brise, et isolent encore plus Belmondo du discours que lui tient Anna Karina (elle parle des morts du Viet-Nam).

 

Belmondo tourne à nouveau la tête de droite à gauche.

 

A 2 min 44, il ouvre la bouche puis la referme, comme un poisson.

 

A 2 min 47, il ouvre la bouche plus nettement, effleure de la langue le bout de sa cigarette et, grâce à la soudure ainsi réalisée, la tire plus profondément dans sa bouche.

 

A 2 min 50, la cigarette se redresse et Belmondo aspire une bouffée, la première depuis le début de la séquence.

 

Pendant que Anna Karina évoque la photo d'un soldat mort, Belmondo reste parfaitement immobile, sa cigarette et lui également figés dans une sorte d'impassibilité respectueuse.

 

A 3 min 21, il rompt son mutisme, dit "eh oui, c'est la vie", et à 3 min 43 sa cigarette tressaute, accompagnant ses paroles.

 

A 3 min 47, la cigarette a entamé un déplacement latéral : au moment où Anna Karina dit "oui mais", la cigarette se trouve au milieu de la bouche de Belmondo.

 

A 3 min 54, juste après qu'il a dit "il suffit de vouloir, Marianne", Belmondo, d'un mouvement de langue, fait passer la cigarette dans le coin gauche de sa bouche.

 

Cette scène, vous en conviendrez, déborde de signes. Le langage de la cigarette agite les dialectiques croisées du sec et de l'humide (lèvres sèches, langue mouillée), de l'oblique et de l'horizontal, de l'immobilité et du mouvement, de la gauche et de la droite.

 

Parfois, la cigarette souligne les intentions du personnage, parfois au contraire elle est dissociée de lui et revient ponctuellement au statut d'objet sans signification, de  non-signifiant, mettant de la sorte en scène une dialectique entre le vivant et le mort, entre l'animé et l'inanimé.

 

A certains moments, les reflets des phares sur le pare-brise pivotent autour de la cigarette blanche, presque fluorescente, seul objet clair dans le décor, et on a l'impression que la cigarette est le moyeu autour duquel tournent le monde et les évocations diverses d'Anna Karina.

 

Je décerne aujourd'hui solennellement un césar d'honneur à la cigarette pour l'ensemble de son oeuvre. 

 

 

 

 

 

 

 

Par ronald oranger
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Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 10:50

 

 

 

 

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Qu'est-ce qu'un bon lecteur ?

 

Vladimir Nabokov proposait ce jeu.

 

Choisissez quatre des propositions suivantes qui, combinées, définiraient le bon lecteur.

 

1. Le lecteur doit être abonné à un club de lecture.

2. Le lecteur doit s'identifier au héros ou à l'héroïne.

3. Le lecteur doit se concentrer sur l'aspect socio-économique.

4. Le lecteur doit préférer une action comportant action et dialogues à une histoire qui en est dépourvue.

5. Le lecteur doit avoir vu l'adaptation du livre au cinéma.

6. Le lecteur doit être un auteur en puissance.

7. Le lecteur doit avoir de l'imagination.

8. Le lecteur doit avoir de la mémoire.

9. Le lecteur doit avoir un dictionnaire.

10. Le lecteur doit avoir quelque sens artistique.

 

 

Vous avez bien sûr deviné que le bon lecteur est celui qui lit Odette Toutlemonde de Eric-Emmanel Schmitt. Il s'identitifie à Odette, il a vu le film, il y a de l'action, et il va faire circuler le livre dans sa tournante de lecture. 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Cité par Brian Boyd, in Vladimir Nabokov, tome 2 : les années américaines, Gallimard 1991, p. 65)

Par ronald oranger
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