Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 11:13

 

imagesCA0TQ1MG.jpg

 

 

 

 

 

La galerie Angelika Harthan, à Mitte (Stuttgart) organise actuellement une expérience qui mérite d'être mieux connue.

 

Avec l'aide de la municipalité de Stuttgart, la galerie Harthan a obtenu de la part de divers musées allemands le prêt de deux douzaines d'oeuvres de Picasso datant des années 40.

 

Ces oeuvres sont exposées au public dans les huit salles de la galerie.

 

L'originalité de l'exposition consiste en ceci : dans chacune des salles de la galerie se trouve exposé un faux Picasso. Non la copie d'une oeuvre existante, mais un pastiche du Picasso de cette période-là, réalisé par un artiste contemporain, encadré et présenté comme s'il s'agissait d'une authentique réalisation de Picasso. Le catalogue de l'exposition ne révèle pas la supercherie : l'oeuvre est affublée d'un faux titre, d'une fausse date de réalisation, et est gratifiée de commentaires de la part d'éminents spécialistes, de mèche avec la galerie.

 

L'objectif de la municipalité est d'étudier l'attitude des visiteurs. Ceux-ci sont avertis de la présence de faux, mais ils ne savent pas combien il y en a, ni lesquels ils sont. 

 

Cette exposition, dont le prix d'entrée est très modique (6 euros), attire peu de monde, et aucun groupe scolaire. Les Picasso qui sont exposés sont pourtant des oeuvres importantes et représentatives de cette époque de la carrière créative de l'artiste.

 

Les visiteurs font peu de commentaires lors de leur visite, et ne s'attardent guère.

 

Nous ne pouvons que nous réjouir du silence qui règne dans les salles de la galerie Angelika Harthan, propice au recueillement des amateurs d'art. Des vrais amateurs d'art. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ronald oranger
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 11:12

 

 

imagesCAMB84MM.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Le dimanche 12 juin 2010, vers 17h30, Rémi Lapierre, beau-frère de Jean-Marcel Stroobants, ce dernier habitant rue de la Maladrerie 22, à Châtelet, s'est présenté au domicile de Jean-Marcel. Jean-Marcel devait aider Remi à charger dans le véhicule de ce dernier le meuble que Rémi avait acheté à la brocante de Gilly le matin-même, mais n'avait pas emporté (car son véhicule était garé trop loin).

 

A 17h30, le match de Coupe du Monde Argentine-Nigeria n'était toutefois pas encore terminé, ce que Jean-Marcel avait négligé de vérifier au moment de donner son accord à Rémi pour lui rendre le service en question : il restait un quart d'heure à jouer. Jean-Marcel Stroobants proposa à Rémi Lapierre de regarder avec lui la fin du match et de prendre la route ensuite.

 

Toutefois, Rémi Lapierre ne pouvait pas se permettre de retard, même minime, car le vendeur du meuble avait expressément spécifié qu'il quitterait la brocante de Gilly à 18h00 au plus tard. 

 

Rémi Lapierre reprit donc seul le volant. 

 

Hélas, sur la route de Couillet, un conducteur venant en sens inverse perdit le contrôle de son véhicule et percuta un îlot directionnel. Sa voiture décolla ensuite de la chaussée et se renversa sur les deux voitures qui venaient en sens inverse, parmi lesquelles celle de Rémi Lapierre, qui fut grièvement blessé.

 

Le siège avant-droit de la Citroën de Rémi Lapierre fut comprimé par le choc. Jean-Marcel Stroobants, s'il l'avait occupé, aurait été tué sur le coup.

 

Depuis ce jour, Jean-Marcel Stroobants est la personne la plus photographiée et fimée de l'histoire des hommes. Chacun de ses gestes est capturé par des millions d'appareils photographiques, caméras, webcams, et immédiatement répercuté et amplifié sur internet. Chacune de ses déclarations, pourtant les plus ordinaires, quotidiennes, utilitaires, est transcrite, compilée, traduite.

 

Chacun de ces mots, chacun de ces gestes vient en effet d'outre-tombe. Tous les mots prononcés par Jean-Marcel Stroobants après l'accident de Rémi n'auraient pas dû être prononcés. Tous les gestes qu'il a posés, et qu'il lui reste encore à poser, n'auraient pas dû l'être, ne devraient pas l'être. Jean-Marcel Stroobants fait au monde entier l'effet permanent d'une apparition spectrale.

 

On l'appelle le maudit planétaire. 

 

Une pétition circule pour retirer à Jean-Marcel Stroobants le droit aux avantages sociaux, lui qui aurait dû être mort.

 

Ne ferions-nous pas mieux de l'ignorer, de faire comme s'il n'était pas là, comme s'il ne vivait plus ?

 

Ne faut-il pas appliquer la peine de mort à ceux qui ont échappé injustement à la mort ?

 

 

 

 

 

 

http://charleroi.lanouvellegazette.be/regions/charleroi/2010-06-13/deux-freres-se-tuent-dans-un-accident-a-chatelet-788937.shtml

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ronald oranger
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 10:15

 

 

  imagesCAYY8SCC.jpg

 

Le Jourde et Naulleau se présente comme une parodie du Lagarde et Michard : il présente des auteurs (contemporains), reprend quelques extraits de leurs ouvrages, et conclut chaque chapitre par des questions, des sujets de dissertation et une bibliographie raisonnée.

 

A cette différence près que Pierre Jourde et Eric Naulleau n'ont sélectionné que des auteurs qu'ils jugent médiocres : Bernard-Henri Levy, Philippe Sollers, Anna Gavalda, Christine Angot, Marc Levy, Dominique de Villepin etc.

 

Chaque extrait est criblé de renvois à des notes en bas de pages, où les auteurs montrent, sur le mode ironique et en parodiant les notes explicatives du Lagarde et Michard, l'inanité de la prose considérée, les niaiseries, les fausses métaphores, les fautes de français, les clichés etc.

 

Je me suis bien amusé en le lisant.

 

Il est vrai que mon opinion était déjà faite concernant la majorité de ces auteurs.

 

Mais je m'interroge sur l'utilité de cet ouvrage - les auteurs prétendent qu'il en a une.

 

Une personne dont le jugement littéraire n'a pas été formé ne consultera pas le Jourde et Naulleau. Il ne connaîtra d'ailleurs pas son existence.

 

Une personne à la recherche, mettons, d'un cadeau de Noël, achètera sans doute le best seller du moment, sans se douter que, au-delà du j'aime/j'aime pas, un livre n'en vaut pas un autre (thèse de Jourde et Naulleau, à laquelle j'adhère).

 

Hélas, le Jourde et Naulleau est un ouvrage pour des lecteurs déjà complices.

 

Ce qu'il faudrait réaliser, à mon sens, c'est un ouvrage initiant le lecteur lambda à la lecture critique d'oeuvres littéraires. Cet ouvrage lui montrerait que chaque livre s'inscrit dans un genre littéraire qui a sa généalogie. Qu'il ne faut pas confondre style et effets de style. Il enseignerait ce qu'est une métaphore et les vertus d'une métaphore exacte. Bref, il le doterait d'un appareil critique minimal.

 

Cela se ferait à l'appui d'exemples et de contre exemples issus d'ouvrages contemporains de grande diffusion, qui seraient traités de manière critique mais respectueuse, non par vertu, mais par pragmatisme. Le lecteur refuserait en effet avec raison qu'on se moque de son inculture. 

 

 

 

 

 

 

 

Pour un débat contradictoire entre Pierre Bergé et Eric Naulleau à propos du Jourde et Naulleau :

http://www.youtube.com/watch?v=RHUftjseLMk&feature=related

 

Pierre Jourde et Eric Naulleau, Le Jourde et Naulleau, Mots et Cie, 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ronald oranger
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 09:24

 

   imagesCAIBJ0Q5.jpg

 

 

 

 

Les serveurs du Pizza Hut, et dont le badge nous apprend qu'ils se prénomment Jonathan, Audrey, Sarah, sont en uniforme car le client doit savoir qu'ils sont interchangeables, comme le sont leurs pizzas. Peu importe que la pizza me soit servie par Jonathan ou par Audrey : elle sera de toute manière conforme à ce que la carte annonce.

 

Mais de la part des ministres issus de partis distincts composant une coalition gouvernementale, nous n'attendons pas des actions uniformes ni des produits identiques, mais des actions cohérentes : chaque parti peut apporter sa marque propre à ses actions, à condition qu'elles s'articulent autour d'une déclaration gouvernementale commune et qu'elles respectent sa logique.

 

Il en va de même des professeurs dans un établissement scolaire. Nous attendons d'eux des démarches cohérentes, c'est-à-dire qui visent la même finalité et s'articulent autour des mêmes valeurs. Mais ces démarches ne doivent pas être identiques. L'uniformité n'est pas une valeur ajoutée. On ne délivre pas un enseignement comme on livre une pizza. Enseigner est une activité incarnée. Le professeur Jonathan et le professeur Audrey ne doivent pas délivrer le même enseignement.

 

Il ne faut pas confondre cohérence et uniformisation.

 

*

 

Le mot cohérence bénéficie d'une connotation positive.  

 

Comment alors comprendre ce qu'écrit Henri Meschonnic :

 

« Le poème est le point le plus faible de la cohérence » ?

 

Voilà qui questionne la valeur même de la notion de cohérence.

 

Je propose cette compréhension-ci :

 

Un poème questionne le sens des mots, des articulations logiques et des finalités.

 

Or une action réputée cohérente présuppose que cette action a un sens et qu'elle est finalisée.

 

En cela, le poème est menaçant pour l'ordre établi.

 

Et la cohérence est une figure de l'ordre.

  

   

 

 

 

http://remue.net/spip.php?article3199

Par ronald oranger
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 20 octobre 2010 3 20 /10 /Oct /2010 10:25

 

 

  imagesCATSD2XT.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Le lien suivant vous permettra de découvrir une interview de Charles Juliet :

 

http://www.youtube.com/watch?v=46UnIZYH3xA&feature=related

 

Charles Juliet est surtout connu pour son journal, relation d'une lente et douloureuse naissance une vie apaisée après des traumatismes d'enfance.

 

Il a aussi écrit L'année de l'éveil, dont a été adapté un film.

 

Voici ce qu'il récite, sur la banquette arrière de la voiture où il est interrogé, et que vous entendrez dans son interview :

 

"J'ai vécu le retrait, le repli, la solitude 

Auxquels m'astreignait le périple de la quête de soi.

Et la voix que j'étouffais ne cessait d'implorer :

Accordez-moi un sourire,

Une poignée de mains,

Ce signe d'amitié

Qui apaiserait le besoin que j'ai de vous."

 

Ce poème, explique-t-il, "lui est dicté, comme ça".

 

Parfois, les mots lui sont dictés pendant des insomnies, et au matin ils sont là, prêts à être notés.

 

Il dit aussi : "La voix ne se fait pas toujours entendre avec autant de clarté."  

 

Ceux qui, comme Charles Juliet, sont "du matin" savent qu'il leur suffit de noter au réveil les mots qui se présentent dans leur cerveau, que leur cerveau a élaborés et mis au net pendant la nuit.

 

Mais ils savent aussi qu'ils ne doivent pas tarder : l'état de grâce pendant lequel ces mots sont disponibles et prêts à être recopiés sur du papier ne dure que quelques minutes. Après cela, leur muse nocturne et nyctalope s'endort, et il leur reste à se traîner et à vivre l'horreur et la stérilité d'une profonde journée. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ronald oranger
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés